Amazon a récemment fait un choix significatif qui risque de modifier profondément l’avenir des films et séries proposés sur Prime Video, et malheureusement, cela ne semble pas être une amélioration. Cela pourrait même s’avérer désastreux pour la plateforme.
Dans l’univers des médias, un sujet brûlant fait couler beaucoup d’encre : l’intelligence artificielle et ses implications pour les secteurs du cinéma, des jeux vidéo, et de la musique. À l’horizon 2024, le syndicat SAG-AFTRA a lancé une bataille féroce à Hollywood. Leur objectif principal ? S’assurer que les grands noms tels que Warner, Paramount, Universal et Sony Pictures ne se laissent pas tenter par l’utilisation de répliques vocales générées par l’IA sans l’accord des acteurs concernés. Alors que le débat fait rage de l’autre côté de l’Atlantique, il prend également de l’ampleur sur l’Hexagone. C’est dans ce climat tendu que Prime Video a dévoilé une initiative retentissante, suscitant l’inquiétude chez ses abonnés français.
Prime Video et l’IA : Le pari audacieux du doublage automatisé
Prime Video a récemment révélé une annonce qui n’a pas laissé indifférent. Face aux critiques croissantes envers l’usage de l’IA, nombreux sont ceux qui s’interrogent sur ses choix. En effet, la plateforme de streaming a décidé d’adopter cette technologie pour le doublage de certains de ses titres. Selon Raf Soltanovich, vice-président de la technologie chez Prime Video et Amazon MGM Studios, l’objectif serait d’améliorer l’accessibilité de leur catalogue via des innovations technologiques. D’après lui, le doublage assisté par l’IA ne concernerait que les œuvres non encore doublées, offrant ainsi une méthode inédite pour enrichir l’expérience des spectateurs.
Pour l’instant, Amazon affirme que cette décision vise à rendre sa vaste collection plus accessible, notamment par le biais de doublages IA pour des films et séries jusque-là non doublés. Toutefois, l’IA ne remplacera pas les acteurs humains dans toutes les productions. En guise de test, Prime Video a d’abord intégré cette méthode innovante pour 12 films et séries destinés au marché latino-américain, avec des versions vocales en anglais et en espagnol. Des œuvres comme « El Cid : La Leyenda », « Mi Mamá Lora » et « Long Lost » figurent parmi les premiers essais.
L’essor de l’IA : Entre craintes et régulations nécessaires
Malgré les appréhensions légitimes, Amazon a voulu apaiser les angoisses. Un contrôle humain serait ajouté dans ce processus. Comme l’explique Prime Video, ce programme pilote repose sur une approche hybride, où les professionnels de la localisation collaborent avec l’IA pour garantir un doublage de qualité. Toutefois, la crainte demeure que, si cette méthode est adoptée par le public, elle pourrait s’étendre inexorablement à l’ensemble des productions Prime Video. Dans un contexte où chaque ressource est scrutée pour la rentabilité, ces économies apparaissent attractives pour les plateformes de streaming.
En France, des voix célèbres se sont déjà élevées pour alerter face aux dangers potentiels de l’IA, surtout après cette récente annonce d’Amazon Prime Video. Brigitte Cordier, célèbre pour être la voix de Goku dans « Dragon Ball », et Donald Reignoux, connu pour ses rôles dans « Spider-Man » et « Titeuf », ont initié le mouvement #TouchePasMaVF. Une pétition sur le site change.org a d’ailleurs récolté plus de 167 000 signatures en vue de l’objectif des 200 000 soutiens.
La bataille pour les voix humaines
Le message de ces artistes est clair : « Nous sommes parmi les premiers à risquer d’être remplacés à court terme par des outils d’intelligence artificielle capables de traduire, cloner et synthétiser des voix avec une ressemblance frappante. L’évolution technologique permet même aujourd’hui d’envisager des séquences entières jouées par des acteurs synthétiques. Et cela, dans tous les genres, pas seulement dans l’animation ou la science-fiction. » TouchePasMaVF s’oppose fermement aux applications de l’IA qui remplaceraient les talents humains par des systèmes automatisés.
Brigitte Lecordier, face au micro de RTBF, a souligné que cette lutte ne s’opposait pas à l’IA en tant que telle, mais à ses utilisations abusives. « Aujourd’hui, nous ne nous opposons pas aux progrès de l’IA. Ce que nous souhaitons, c’est une régulation pour s’assurer que l’IA ne puisse pas remplacer un comédien de doublage, un artiste ou un monteur. Notre combat est pour préserver la place de l’humain. »
En conclusion, la question reste ouverte : quel est votre avis sur la décision de Prime Video ? N’oublions pas que, dans le progrès, tout est une question de mesure… et un peu de modération. Comme on dit, à vouloir trop avancer, on risque de marcher sur des œufs.
